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L’Oeil de l’Expert #4 : entretien avec Mohamed Ayoub Sabir, ingénieur agronome

Afrique, agriculture, Développement durable

26 Juin 2026

Entretien avec Mohamed Ayoub Sabir, ingénieur agronome et expert Apexagri

L'Oeil de l'Expert 4 - Bandeau Ayoub

Bonjour Ayoub, peux-tu nous présenter ton parcours en quelques mots ?

Je suis ingénieur agronome diplômé de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II à Rabat. J’ai 8 ans d’expérience dans le développement agronome et la gestion de projets agricoles.

Ma première expérience professionnelle était chez Maïsadour Maroc, où j’ai travaillé sur de nombreux aspects du développement agricole, avec une spécialisation dans la production de fruits et légumes destinés à l’export vers le marché européen. J’étais principalement impliqué dans la partie opérationnelle et technique : production, études technico-économiques, recherche et développement, ainsi que l’appui et la restructuration des filières.

Et bien sûr, je collabore avec Apexagri sur des projets agricoles à dimension nationale et internationale.

Quelle expertise mets-tu au service d’Apexagri ?

J’apporte une expertise agronomique solide, combinée à une approche économique et stratégique. Concrètement, je réalise des diagnostics, évalue la faisabilité technique et financière des projets, et propose des plans d’action réalistes.

En tant qu’agronome, je sais allier les aspects théoriques et pratiques, tout en intégrant la dimension business et la rentabilité. Dans le monde de l’agribusiness, si on ne parvient pas à concilier ces éléments, il est impossible de construire un projet pérenne.

Je suis souvent le référent technique au sein des équipes. Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la complémentarité entre les équipes d’Apexagri qui fonctionne sous forme de binôme : d’un côté, l’expertise technique agronomique, et de l’autre, l’approche business, consulting et chaîne de valeur. Cette synergie permet de construire et de fournir des livrables pertinents et efficaces.

En trois mots, comment décrirais-tu Apexagri ?

Visionnaire : Apexagri a une réelle capacité à anticiper les évolutions du secteur agricole, notamment grâce à une veille active (suivez-les sur les réseaux sociaux !). L’écoute des tendances internationales est un atout majeur.

Rigueur : La méthodologie appliquée lors des missions et la qualité des analyses se reflètent dans les livrables. C’est une rigueur que l’on ressent à chaque étape des projets.

Engagé : Le développement durable des filières est au cœur de la philosophie d’Apexagri. C’est un engagement très apprécié par les clients, surtout dans le contexte actuel.

Qu’est-ce qui te plaît dans le fait de travailler avec Apexagri ?

Ce que j’aime, c’est la diversité des projets. J’ai participé à trois missions, chacune avec un contexte et des exigences différents. Cette diversité permet une grande richesse des échanges, avec tous les acteurs impliqués : producteurs, opérateurs, et autres parties prenantes. Chaque mission est une opportunité de me dépasser et d’apprendre, tout en ayant un impact concret sur le terrain !

La philosophie d’Apexagri, à la fois scientifique, pragmatique et orientée résultats, me correspond parfaitement. Travailler avec une équipe pluridisciplinaire ne rend pas forcément les choses plus rapides, mais bien plus efficientes. En combinant expertise technique et l’orientation business, on reste centré sur l’essentiel et on maximise l’efficacité.

Enfin, les relations humaines au sein de l’équipe sont exceptionnelles. Même avec peu de temps pour s’adapter, les rôles et les objectifs sont clairs, et la collaboration se fait de manière organique. Cela rend chaque mission plus riche et plus intéressante.

As-tu une mission particulière qui t’a marqué ?

Les trois missions auxquelles j’ai participé étaient très différentes, mais si je devais en choisir une, ce serait celle en Arabie Saoudite (pour AFALULA). Le facteur humain a été déterminant : une super cohésion d’équipe, beaucoup d’échanges, et une complémentarité des profils qui a rendu le travail fluide et motivant.

L’envergure du projet était impressionnante : évaluer le potentiel de développement de cultures à haute valeur ajoutée dans un contexte agro-climatique très exigeant. Ensemble, nous avons pu mieux comprendre les contraintes locales et être plus efficaces.

Une anecdote mémorable : Michel (l’autre expert agronome sur le projet) n’a pas reçu sa valise le premier jour. Après un périple compliqué (retard de vol, valise bloquée à Paris…), un agent a fait l’effort de suivre le parcours de la valise, de la réceptionner lui-même et de prévenir Michel, qui a dû faire deux heures de route pour la récupérer. A cause de cette mésaventure, Michel a passé les deux premiers jours avec des vêtements de dépannage que nous achetés sur place… Une aventure qui nous a bien fait rire, même si ce n’était pas drôle pour lui !

Quels sont, selon toi, les grands défis pour une agriculture durable ?

Je vois trois défis majeurs :

  1. L’adaptation au changement climatique : Les changements deviennent de plus en plus prononcés et difficiles à ignorer. Ils nous obligent à repenser nos systèmes de production et nos méthodes.
  2. La rentabilité économique : Durant mes quatre dernières années chez Maïsadour en tant que responsable du département agro et développement, j’ai vu à quel point la rentabilité est cruciale pour tous les acteurs de la chaîne. Sans rentabilité, il ne peut y avoir de durabilité.
  3. La gestion responsable des ressources naturelles : Ce point est lié au premier, mais il mérite d’être souligné. La durabilité passe par une utilisation raisonnée des ressources, au cœur des modèles agricoles d’aujourd’hui.

As-tu en tête un projet ou un succès dans le monde agricole qui gagnerait à être connu ?

Je m’inspire de mon expérience chez Maïsadour pour parler de l’agrégation agricole. Ce modèle consiste à avoir un agrégateur qui travaille avec un réseau de producteurs (les “agrégés”). L’agrégateur gère la chaîne de valeur et le contact avec les clients, tandis que les producteurs se concentrent sur la production.

Chez Maïsadour Maroc, ce modèle est appliqué notamment pour le maïs doux, mais d’autres opérateurs l’utilisent pour les haricots ou les fruits rouges. L’agrégateur apporte un suivi technique rapproché, depuis la plantation jusqu’à la récolte, en s’appuyant sur des méthodes scientifiques. Il contribue aussi aux charges de production (50 à 60 %), ce qui allège la pression sur les producteurs.

Ce système est bénéfique pour tout l’écosystème : il améliore la production, valorise mieux les produits sur les marchés nationaux et internationaux, et apporte une forme de formation continue aux producteurs. C’est un modèle que j’aimerais voir généralisé à d’autres filières.

Quels conseils donnerais-tu à une entreprise qui souhaite structurer une filière ou développer un projet agricole ?

  1. Bien comprendre le terrain : Qu’il s’agisse d’un projet from scratch ou d’une restructuration, il est essentiel de cerner les ressources disponibles, les savoir-faire locaux, et les enseignements tirés des expériences passées.
  2. Construire autour d’une logique de valeur partagée : Le producteur doit être au centre du projet, non seulement dans la présentation, mais aussi dans la prise de décision.
  3. S’entourer d’une expertise pluridisciplinaire : Technique, économique, organisationnelle… Cela évite de rester dans une approche trop théorique. Beaucoup de projets échouent parce qu’ils sont irréalistes. Apexagri excelle dans cette fusion d’expertises.
  4. Faire appel à des experts (comme Apexagri !) : Pour éviter les écueils et s’assurer que le projet est à la fois ambitieux et réaliste.

Un mot pour conclure ?

Travailler avec Apexagri, c’est allier expertise, pragmatisme et impact. C’est une approche qui fait la différence sur le terrain.

Un grand merci à Mohamed Ayoub Sabir d’avoir accepté de participer à ce nouveau format “L’Oeil de l’expert” en répondant à nos questions ! Retrouvez aussi les trois précédents numéros avec Michel MontetEdouard Huchin et Paul Fert !