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Cosmétiques et biodiversité : le secteur face au défi de la résilience

agriculture, Changement climatique, Développement durable

9 Oct 2026

Huiles, beurres, extraits de plantes : une grande partie des formules cosmétiques repose sur des ingrédients issus du vivant. Rendements, qualité, disponibilité : le changement climatique et l’érosion de la biodiversité fragilisent déjà ces approvisionnements. La biodiversité n’est donc plus seulement un sujet d’engagement. C’est une condition de la résilience économique du secteur, qui se joue d’abord dans ses filières amont.

Une filière fortement dépendante du vivant

La cosmétique est directement exposée à tout ce qui touche les matières premières agricoles. Plusieurs risques sont déjà identifiés :

  • des rendements agricoles en baisse ;
  • une qualité qui se dégrade, la composition chimique des plantes évoluant avec le climat ;
  • des zones de production qui vont se déplacer d’ici 2070, selon les projections du GIEC ;
  • la disponibilité de l’eau, de l’amont agricole jusqu’aux procédés de fabrication.

En France, les ETI qui s’approvisionnent localement sont particulièrement concernées par l’artificialisation des sols, le recul des surfaces agricoles et la baisse de la qualité des sols, comme le taux de matière organique.

À ces risques s’ajoute la forte concentration géographique de certaines productions : une poignée de bassins fournit parfois l’essentiel d’une plante ou d’une huile. Un aléa climatique, sanitaire ou social sur l’un d’eux suffit alors à tendre les volumes et les prix. Le vivant rend aussi des services souvent invisibles mais indispensables à ces cultures : pollinisation, fertilité des sols, régulation de l’eau. Leur dégradation fragilise directement la production.

La biodiversité devient ainsi un enjeu de résilience économique et de sécurisation des approvisionnements. Préserver les écosystèmes, c’est préserver sa capacité à produire demain. Cette dépendance très visible explique que la cosmétique soit plus avancée sur le sujet que d’autres secteurs, où le lien avec la nature paraît moins direct.

contrôle qualité cosmétiques biodiversité

Traçabilité : un préalable à toute action

Les chaînes d’approvisionnement de la cosmétique sont complexes. Un même ingrédient peut passer par des producteurs, des collecteurs, des transformateurs et des distributeurs avant d’arriver chez le fabricant. Les fournisseurs de rang 1 sont généralement connus, ceux de rang 2 beaucoup moins, et la visibilité s’efface au-delà.

Vouloir tout tracer d’un coup n’est pas réaliste. La recommandation : cartographier en priorité les matières jugées clés, selon leur poids dans les achats, leur exposition aux risques climatiques et sociaux ou la difficulté à les substituer. Pour ces matières, l’objectif est de remonter jusqu’aux zones de production, puis jusqu’aux producteurs, afin d’y déployer des plans d’atténuation ciblés.

Seule, une entreprise pèse peu face au monde agricole et à des chaînes d’approvisionnement mondialisées. Collectivement, elle peut faire bouger les lignes. C’est tout l’intérêt de la démarche TRASCE, un consortium qui réunit des industriels autour de problématiques communes pour améliorer la traçabilité des matières premières. Mutualiser les efforts permet de partager les coûts, d’harmoniser les demandes adressées aux fournisseurs et de peser davantage auprès de l’amont.

Car la traçabilité est le socle de tout le reste : sans visibilité jusqu’à la source, ni évaluation des impacts ni action en amont ne sont possibles.

Engager les fournisseurs et l’amont agricole

Agir sur l’amont passe par un travail de fond avec les fournisseurs, souvent porté par des équipes d’achats durables. L’enjeu est considérable : pour certaines entreprises, la moitié de l’empreinte carbone dépend des fournisseurs.

Une approche efficace consiste à se concentrer sur quelques filières prioritaires, comme la noix de coco, où les enjeux sont très concrets à l’échelle des territoires : âge des plantations, impacts sociaux. Les matières premières n’y sont plus traitées comme de simples commodités : contrats de long terme avec les agriculteurs, évaluation des pratiques à la ferme, primes pour financer la transition vers l’agriculture régénératrice. Ces démarches amont vont de pair avec une action sur les produits et les opérations : éco-conception des gammes, réduction du fret aérien, sobriété énergétique des usines.

Certaines marques vont jusqu’à créer leurs propres sites d’expérimentation agricole, certifiés et ouverts aux chercheurs, pour tester l’agroforesterie sur leurs cultures clés. L’objectif : rester connecté au terrain et transposer les enseignements à d’autres cultures, pour viser un changement systémique.

Gouvernance : la biodiversité au cœur du modèle d’affaires

La biodiversité n’est pas un sujet réservé à la RSE. La performance environnementale devient une condition de la performance économique : elle doit donc s’inscrire dans le modèle d’affaires.

Chez les acteurs les plus avancés, le sujet est traité comme stratégique : gouvernance dédiée, cadre méthodologique, équipes spécialisées achats et sourcing, communication interne régulière.

Certaines entreprises, notamment des sociétés à mission, vont plus loin : objectifs de décarbonation alignés sur le référentiel SBTi, feuille de route biodiversité construite avec les salariés, parcours collaboratif de six mois pour les fournisseurs, avec ateliers de co-design et « learning expeditions » du champ à l’usine.

Pour passer à l’action, le guide du MEDEF sur le financement de la biodiversité recense de nombreux leviers : gestion du foncier, préservation d’écosystèmes précis, temps mis à disposition par les collaborateurs.

Quatre recommandations pour passer à l’action

  1. Se lancer sans attendre une mesure parfaite. Commencer petit, par des actions rapides, et affiner les données en chemin.
  2. Mesurer pour bâtir une offre plus résiliente. Évaluer les pressions sur la biodiversité et les risques pesant sur ses filières est d’autant plus stratégique pour les PME et ETI, qui disposent de moins de moyens que les grands groupes.
  3. Ne pas rester seul. Rejoindre les initiatives existantes, collaborer et échanger avec d’autres dirigeants.
  4. Considérer ces dépenses comme un investissement. Elles conditionnent la capacité à générer du revenu demain.

La résilience se construit dès l’amont

Chez Apexagri by Cubik, nous accompagnons les acteurs de la cosmétique dans la structuration de filières agricoles durables, de la parcelle jusqu’à l’ingrédient. Nous portons la conviction que la performance de demain se construit dès l’amont !

Vous souhaitez sécuriser vos approvisionnements et renforcer la résilience de vos filières ? Parlons-en.