Une région à fort potentiel
L’Afrique de l’Est est l’une des régions agricoles les plus dynamiques du continent, portée par une croissance démographique rapide, une urbanisation forte et une pression croissante sur les systèmes alimentaires.
La région allie des conditions agroécologiques variées et des systèmes de production largement dominés par les petits exploitants, tout en s’intégrant progressivement aux marchés régionaux et internationaux.
Dans ce contexte, le Kenya se distingue comme une plaque tournante régionale majeure, avec des chaînes de valeur relativement avancées et un rôle central dans le commerce et l’investissement agricoles.
Kenya : des filières performantes, mais des lacunes structurelles
Au Kenya, l’agriculture représente environ 20 à 25 % du PIB, ce chiffre atteignant près de 50 % si l’on inclut les secteurs connexes, et emploie près de 70 % de la population (source : Banque mondiale).
Le pays s’est forgé une solide position internationale dans les chaînes de valeur orientées vers l’exportation, telles que celles du thé, des fleurs et des produits frais, notamment les avocats dont les exportations connaissent une croissance rapide.
Ces secteurs illustrent la capacité du Kenya à développer des chaînes de valeur compétitives et intégrées au niveau international. Cependant, ils coexistent avec de larges segments du système agricole qui restent fragmentés et organisés de manière informelle, ce qui limite la productivité et l’intégration au marché.
De la production aux chaînes de valeur : le défi de la transformation
Dans toute l’Afrique de l’Est, la principale contrainte ne réside pas uniquement dans la production, mais dans la manière dont les chaînes de valeur sont structurées. Une agrégation limitée, des lacunes en matière d’infrastructures et une coordination insuffisante entre les acteurs continuent de freiner l’accès au marché et la création de valeur, contribuant à des pertes post-récolte pouvant atteindre 20 à 30 % (source : FAO).
Ce phénomène est particulièrement visible dans les cultures de base telles que le maïs, le riz et le manioc, où la productivité reste inférieure à son potentiel, ainsi que dans les systèmes d’élevage, où la demande croissante n’est pas encore soutenue par des chaînes d’approvisionnement suffisamment organisées.
L’opportunité réside dans le renforcement des liens entre la production, la collecte, la transformation et l’accès au marché. Cela nécessite des investissements dans la logistique et la transformation, ainsi que le développement de systèmes d’approvisionnement traçables et résilients. Dans ce contexte, le Kenya offre un point d’entrée naturel pour concevoir et déployer à grande échelle de tels modèles dans toute la région.
Le point de vue d’Apexagri
Chez Apexagri, nous nous concentrons sur un défi central : comment transformer la production agricole en chaînes de valeur structurées, résilientes et créatrices de valeur.
Le sommet Africa Forward qui se tiendra à Nairobi du 11 au 12 mai sera une occasion clé de dialoguer avec les parties prenantes de l’écosystème agroalimentaire et de l’investissement.
Notre équipe, représentée par Marc Debets et Marianne Baker, sera d’ailleurs sur place à Nairobi avant le sommet (7-8 mai) pour rencontrer des acteurs clés de l’agriculture et de l’investissement.