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Réchauffement climatique : Le défi de la captation carbone

agriculture, Changement climatique, Développement durable, Sécurité alimentaire

5 Nov 2021

Un défi de taille pour l’humanité ?

En 2015, lors de la conférence internationale sur le climat COP21, 196 états indépendants ont, ensemble, signé l’accord de Paris, s’engageant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 2°C d’ici à 2050. L’objectif est ambitieux et nécessaire pour assurer notre capacité à nourrir une population grandissante tout en limitant notre impact sur le climat.  

Pour atteindre ces objectifs, il est important de comprendre l’origine du problème. Les activités humaines et la déforestation rejettent d’immenses quantités de CO2 dans l’atmosphère ; on estime à 4,3 milliards le nombre de tonnes de CO2 en plus dans l’atmosphère chaque année, et c’est cette augmentation qui conduit au réchauffement climatique auquel nous faisons face aujourd’hui. Le but n’est donc plus seulement de réduire ces émissions, mais de recapturer une partie de ce CO2 dans les sols et les océans.  

L’initiative 4 pour 1000, lancée lors de la COP21 en 2015, soutien qu’une augmentation de 0.4% par an de carbone absorbé dans les sols halterait cette augmentation de CO2 dans l’atmosphère et contribuerait ainsi à diminuer significativement les effets du changement climatique. 

 L’agriculture étant un des secteurs émettant le plus de CO2 au niveau mondial (24% des émissions totales d’après le GIEC) mais aussi un des plus touché par ces changements climatiques, a un rôle majeur à jouer dans l’atteinte des objectifs fixés par la COP21L’érosion des sols et la diminution de la biodiversité, entre autres, ont des conséquences importantes sur le rendement des exploitations partout dans le monde, et de plus en plus dexploitants s’inquiètent de voir leur viabilité économique mise en danger.

 Mais alors, quelles solutions apporter  ?  

L’agriculture régénérative apporte une réponse à cette question. Le Rodale Institute définit l’agriculture régénérative comme une approche systémique et holistique de l’agriculture qui encourage l’innovation continue au sein des exploitations agricoles améliorant les impacts environnementaux, sociaux et, économiques des systèmes de production.  A travers un ensemble de pratiques durables, l’agriculture régénérative encourageentre autres, la séquestration de carbone dans les sols, les rendant plus vivants et donc fertiles. 

 Aujourd’hui, il est estimé que si nous convertissions toutes les terres cultivées et pâturages du monde à cette forme d’agriculture, nous pourrions séquestrer plus de 100 % des émissions annuelles de CO2 produites par les activités humaines.  

Ce concept, né dans les années 1980, ne cesse de prendre de l’ampleur, dans un monde agricole qui doit maintenant faire face aux conséquences du changement climatique.   

Comment capturer le trop plein de carbone dans les sols  ?  

La limitation du labour, la couverture permanente du sol, la rotation des cultures, l’optimisation de nos systèmes de pâturage, ou encore la restauration de la biodiversité et de la santé des sols, contribuent à la capture et séquestration du CO2 dans les sols.  En convertissant nos modèles agricoles à ces pratiques, nous pérennisons la production agricole pour les générations futures.  

Quels sont les principaux défis auxquels fait face l’agriculture régénérative freinant une transition de masse  ? 

 Pourquoi n’assistons-nous pas à une transition de masse  ?  

 Premièrement, une transition ne peut être efficace que si elle est implantée sur l’ensemble du système de production. Tout ne peut pas être fait au niveau des exploitations et chaque maillon de la chaîne de valeur, jusqu’au consommateur, doit être impliqué dans le changement pour soutenir l’effort de transition. Un changement de paradigme est donc nécessaire pour engager tous les acteurs du secteur agricole dans cette transition.  

De plus, l’agriculture régénérative ne peux pas être appliquée de la même façon partout dans le monde. Dépendamment du climat, du système agricole, de la taille des exploitations agricoles et des moyens à disposition, différentes pratiques seront à privilégier ou à adapter. Ce manque d’uniformité dans les solutions rend la compréhension, et donc la mise en place de nouvelles pratiques, plus compliquées 

Enfin, pour lutter efficacement contre les changements climatiques, un changement radical, et une mise à échelle est indispensable. Aux vues de l’effort de transformation et de l’investissement nécessaire, on comprend que l’intensification de la transition ne pourra se faire que par une prise de conscience générale, et une collaboration des différents acteurs à l’échelle mondiale.   

Comment implémenter ces pratiques pour une transition efficace  ?  

Pour relever ces défis, il existe plusieurs pistes qui peuvent faciliter la transition, telles que :   

  • Notre manière de produire – Les pratiques agricoles durables existent et peuvent être mises en place. Un cahier des charges précis et adaptable aux différents systèmes agricoles, une modélisation économique pour estimer la viabilité économique et une meilleure compréhension des impacts sont des leviers importants pour faciliter l’adoption de nouvelles pratiques. 
  • Notre manière de consommer – Nos régimes alimentaires peuvent avoir un impact sur les productions agricoles. Par exemple, le manque de diversité dans les espèces de légumineuses et de céréales consommées entraîne une production en monocultures, appauvrissant les sols. Il est donc important de diversifier nos régimes alimentaires et de réduire notre gaspillage pour préserver nos sols et nos ressources.  
  • Notre manière de collaborer – L’alignement de tous les acteurs de la chaine de valeur est un élément crucial. Les entreprises agro-alimentaires, mais aussi cosmétique et textiles doivent à la fois repenser leurs approvisionnements et soutenir les exploitants agricoles dans leur transition. C’est en collaborant que le secteur entier pourra avancer.  

La COP26 mettra-t-elle l’agriculture au centre de ses préoccupations, pour les défis auxquels elle fait face mais aussi sa grande capacité à répondre aux enjeux climatiques ?