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Comment l’Afrique deviendra le prochain géant agricole et agro-alimentaire ?

Afrique, agriculture, Sécurité alimentaire

4 Déc 2019

Le 31 octobre, Marc Debets, Président d’Apexagri, a participé à la table ronde Business France au Forum Ambition Africa pour répondre à la question : Comment l’Afrique deviendra le prochain géant agricole et agro-alimentaire ?

Nous commentons pour vous !

    UN POTENTIEL AGROALIMENTAIRE LARGEMENT INEXPLOITE

Le potentiel du secteur agroalimentaire en Afrique est largement inexploité. Ce retard repose sur un paradoxe : le continent possède 65 % des terres arables disponibles sur la planète (soit 450 millions d’ha encore à exploiter) et pourtant, il dépense chaque année 50 milliards de dollars en importation de denrées alimentaires (2015). Ce chiffre pourrait même atteindre 120 milliards en 2030. Le riz, aliment de base de nombreuses populations à travers l’Afrique, est le premier produit alimentaire importé sur le continent.

Pourtant, en plus de la disponibilité des terres arables, le continent rassemble de nombreux atouts. La diversité des conditions agro-climatiques et ses importantes façades maritimes donnent à l’Afrique une grande variété de territoires agricoles, pastoraux et halieutiques, permettant ainsi une production de produits très variés. D’autre part, 40% de sa population active est jeune et à la recherche d’un emploi formel (75% du marché du travail en Afrique relève du secteur informel).

 

 

 

Avec des rendements agricoles les plus faibles au monde, le secteur agricole est le moins rentable de l’économie. Il emploie plus de 60% de la main d’œuvre active mais génère seulement 30% du PIB. Ceci est dû à une faible utilisation des intrants agricoles (semences améliorées, engrais,..), des pertes post récoltes importantes et des techniques culturales peu adaptées.

    UNE DEMANDE CROISSANTE

Parallèlement à un potentiel de production colossal, la demande pour les produits agricoles et agroalimentaires va fortement augmenter dans les prochaines années. En effet, la population africaine devrait doubler d’ici 2050, et plus de la moitié vivra en ville dès 2030. En ajoutant à cela l’élévation du niveau de vie, la Banque Mondiale estime que le marché des produits agroalimentaires en Afrique pourrait passer de 313 à 1 000 milliards de dollars d’ici 2030.

    DE NOMBREUX DEFIS A RELEVER

De nombreux défis restent à relever pour que l’Afrique jouisse de ce potentiel inexploité et ne rentre pas dans une crise alimentaire majeure.

Le premier défi est le manque d’infrastructures qui entraîne d’importantes pertes post récolte (20 à 60% selon la filière) et augmente le prix du produit arrivé aux consommateurs.

L’irrigation est très peu utilisée avec seulement 3% des terres agricoles africaines irriguées (contre 47% en Asie). La majeure partie de la production agricole est donc concentrée au niveau des saisons des pluies et soumise aux aléas climatiques.

L’accès au foncier est un autre frein majeur au développement de la production agricole empêchant l’investissement sur les exploitations agricoles. Les femmes, qui représentent 40% de la main d’œuvre agricole active, sont les plus touchées par ces difficultés d’accès au foncier.

L’insécurité grandissante, surtout dans les pays de la bande sahélienne, gangrénée par des groupes terroristes qui occupent des parties de plus en plus importantes du territoire, est un nouveau frein non négligeable. Il entraîne un déplacement des populations et un abandon des terres pour les agriculteurs locaux.

Enfin, le manque généralisé de capacité de transformation, dû principalement à des accès variables aux stocks de produits à transformer, une fourniture électrique instable, une main d’œuvre pas suffisamment qualifiée, ainsi qu’une logistique coûteuse, vient également s’ajouter aux défis majeurs à relever.

    QUELLES SONT LES ORIENTATIONS DE DEVELOPPEMENT POUR UNE AGRICULTURE DURABLE ET PROFITABLE ?

Il faut permettre aux agriculteurs africains, notamment aux jeunes, d’avoir un revenu décent et un emploi d’avenir dans le domaine agricole et agroalimentaire.

Pour y parvenir il faut raisonner « chaine de valeur » allant de la production agricole à la valorisation des produits pour une consommation locale ou dans la sous-région et une exportation ciblée. La seule voie pour l’augmentation des revenus agricole est en effet la création et le partage juste de la valeur.

Ces filières agricoles et agroalimentaires d’avenir auront besoin dans un premier temps d’être protégées par rapport aux importations. Comment par exemple développer une production avicole profitable face à l’importation massive des produits brésiliens ? Il est donc légitime pour les états de favoriser le développement de ces filières locales par des aides ciblées ou par une protection des frontières.

Par ailleurs, les grands groupes agroalimentaires mondiaux sont les premiers acteurs de la valorisation des productions agricoles. Lorsqu’ils s’implantent localement, ils favorisent ou créent une filière locale et animent un système de production le plus souvent vertueux (pratiques RSE, innovation,…) à condition que la juste redistribution de la valeur soit au rendez-vous.

Le développement de l’agriculture contractuelle (voir les travaux de la fondation FARM) est d’ailleurs une voie reconnue comme vertueuse par de nombreux acteurs agricoles

Libérer l’initiative et l’entrepreneuriat local. L’entreprise locale est par essence la meilleure façon de tisser un lien tenu et durable entre productions locales et consommateurs locaux ou internationaux. Les exemples sont nombreux de ces initiatives (voir l’étude Apexagri « les clés du succès dans l’entrepreneuriat agricole en Afrique »). Chaque fois qu’une PEA (Petite Entreprise Agricole ou Agroalimentaire) est initiée, de la valeur se créée et profitent aux producteurs.

Enfin, l’agriculture va jouer un rôle majeur dans l’avenir de la planète. L’eau, la matière organique de la terre et la biodiversité sont les ressources rares que l’on doit non seulement protéger mais dans certains cas regénérer. Apexagri, aux côtés de groupes comme Danone ou d’autres acteurs du monde agricole, soutient des pratiques qui favorisent cette économie des ressources et cette régénération des terres agricoles.

Pour y parvenir la compétence et les technologies seront les éléments clés de l’émergence d’une agriculture durable et profitable.

« Il est temps pour l’Afrique de prendre résolument parti de son secteur agricole. L’agriculture devrait maintenant être considérée comme une entreprise, pas un mode de vie. » Akinwumi A. Adesina, Président de la Banque Africaine de Développement

Pour aller plus loin :

http://www.agro-media.fr/analyse/lafrique-futur-eldorado-de-lagroalimentaire-18546.html

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/la-dependance-alimentaire-de-l-afrique-subsaharienne-pourrait-s-aggraver-a-lhorizon-2050_3111421.html

https://www.jeuneafrique.com/13246/economie/les-25-pionniers-de-l-agroalimentaire-en-afrique-francophone/

https://www.youtube.com/watch?v=mKfJw7srIXI

https://www.lepoint.fr/economie/afrique-agroalimentaire-la-grande-bataille-de-demain-10-04-2017-2118646_28.php