Business Angels : les ailes financières de l’agroalimentaire africain?

Afrique, agriculture, Finance, Sécurité alimentaire

- le 17 Jan 2018

Secteur fondamental pour le développement de l’Afrique, l’agriculture dispose pourtant d’un accès très réduit au financement

Le financement de l’agriculture est un sujet sensible, car si 70% de la population active en Afrique subsaharienne travaille dans ce secteur, il capte moins de 3% de l’ensemble des prêts bancaires sur le continent.

La production et la transformation de produits agricoles sont prioritaires pour l’Afrique qui doit faire face à deux enjeux majeurs; assurer la sécurité alimentaire d’une population grandissante et réduire sa dépendance aux marchés extérieurs. Toute initiative enrichissant le tissu économique local et permettant la structuration de la filière agroalimentaire doit donc être encouragée : développement de la mécanisation et des systèmes d’irrigation, rationalisation des procédés de production, amélioration des infrastructures routières et de stockage… mais aussi inclusion des nouvelles technologies. Le besoin de financement des AgriTech a en effet été réaffirmé lors de l’African Angel Investor Summit (15-16.11.2017)

Cependant, le problème d’accès au financement bride à la fois l’installation d’agripreneurs et la croissance des entreprises de taille intermédiaire, qui sont trop développées pour accéder au microcrédit mais pas assez développées pour intéresser les institutions bancaires.

agroalimentaire afrique

Des « Business Angels » pour pallier le manque de confiance des établissements bancaires dans le secteur

Pour pallier cette difficulté, se développe petit à petit l’investissement individuel, davantage ancré en Afrique anglophone (Afrique du Sud, Kenya) que francophone. Ces investisseurs providentiels, ou « Business Angels », sont des personnes investissant leur épargne dans des projets à forte croissance. Outre l’apport en capital, ils mettent à disposition leur expertise sur un secteur précis, donnent accès à leur réseau et facilitent l’accès au marché.

Afin d’attirer ces investisseurs vers les start-ups africaines, des initiatives comme l’ ABAN (African Business Angels Network), Cairo Angels, Cameroon Angels Network, Ivoire Business Angels… se développent. Ces organisations sensibilisent et mobilisent les potentiels investisseurs, présélectionnent les dossiers de créateurs d’entreprises qu’ils proposent ensuite aux investisseurs, négocient les termes de l’accord…

Auparavant attirés par le pétrole et les mines, les « business angels » tendent aujourd’hui à privilégier les investissements ayant un impact social fort, notamment dans l’agriculture durable, l’énergie verte ou la santé.

Cependant, les pays précurseurs, comme les Etats-Unis, ont prouvé que l’investissement de fonds privés au capital d’une société est souvent motivé par les avantages fiscaux obtenus. Or les mesures fiscales et juridiques sont souvent floues et les démarches administratives contraignantes en Afrique. Gageons que le grand besoin de financement de l’agroalimentaire africain incitera les gouvernements à mettre rapidement en place des mesures fiscales attractives et à simplifier la création d’entreprise pour renforcer durablement leurs filières locales.